Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Houuuuuu ! le loup

    Avril 2012

    Depuis mi mars, les conditions climatiques clémentes nous ont permis de sortir les brebis de leur abris en journée. Elles profitent paisiblement des journées ensoleillées et se rassasient d'herbes jeunes et fraîches. Nous les rentrons le soir car les nuits sont encore fraîches. Les agneaux, nés dans l'hiver, découvrent les joies des pâturages auprès de leur mère. Les semis ont bien pris, les pomme de terre sont plantées et la pluie tant esperée est arrivée a temps pour sauver les premières pousses de légumes (sécheresse depuis mi mars et température à 25 °c).

    Par une de ces belles journées, je travaille au jardin, binette en main. Les chiens me regardent sans me voir, a moitié endormis, étalés de toute leur longueur sur la terre réchauffée par le soleil. Soudain, un hurlement retenti et me fait hérisser le poil. HOUUUUUUUUUUUUUUU 

    Je cherche des yeux si j'apercois l'animal qui hurle de cette façon. Rien en vue. Et le hurlement reprend. HOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU. Mon sang se glace. C'est le hurlement d'un loup. Les chiens ne semblent pas inquiets, ils tendent simplement l'oreille.

    Je décide de rentrer et en chemin, je rencontre quelques habitants du villages qui ont eux aussi entendu ces hurlements. L'hypothese du loup semble peu probable mais ce hurlement ne ressemble pas a celui d'un chien, même s'il hurle a la mort.

    Je retourne au jardin, les hurlements ont cessés. 

    Tout a coup, j'entend comme des pierres qui s'efritent de la falaise. Je lève les yeux et là, au dessus de moi, a flanc de falaise, je vois le loup. Un animal énorme en comparaison d'un chien, le poil grisatre, gris blanc noir, il m'observe. Ma binette à la main, par réflexe défensif instinctif je la tiens comme une arme, des deux mains. Mais je suis petrifié. Mon corps est aussi raide qu'un bâton, je suis incapable de bouger. Et cet animal continue de m'observer. J'ai les yeux rivés sur lui. Me revient en mémoire cette peur ancestrale du loup du moyen âge, dévorant les femmes et les enfants qui travaillent leurs terres en lisière de foret. La BETE est là. 

    L'animal détourne son regard, s'avance avec précaution le long de la paroi de la falaise. Le passage est très étroit et abrupt, il rebrousse chemin au bout d'une dizaine de mètres. Il retente et fait ainsi le va et vient sur cet étroit passage a plusieurs reprises. Il semble chercher le moyen de descendre de son promontoire.

    Le fait de le regarder aller et venir m'a détendu et je me met a avoir pitié de lui, coincé sur cette falaise. Peut être est-il blessé, ou perdu ? Je sais qu'à Gramat, il y a des loups au "Parc Animalier".Peut être vient il de là bas. Je me met a lui parler, a lui dire qu'il ne peut pas descendre par là. Q'il faut repartir dans l'autre sens pour trouver un sentier qui lui permettra de rejoindre la route et le Célé. Comme s'il pouvait me comprendre. Il me regarde encore quelques minute puis repart de là ou il est venu, et disparait de ma vue.

    Mon corps se réveille, je peut bouger et en rentrant vers l'auberge, je pense aux agneaux qui paissent tranquillement et qui pourrait bien attiré l'attention de ce "loup" car la nuit tombe.

    Depuis l'auberge, je contacte le parc animalier de Gramat, et la gendarmerie pour signaler qu'un "loup" ou un gros chien erre sur la falaise depuis ce matin. La Mairie est aussi informé.

    Plus un hurlement ne se fait entente. Et la nuit venue, je ne voit plus rien.

    Le lendemain, j'apprend qu'un gros Huskie a été vu en soirée a Ste Eulalie, en bord de route.

    Mon "loup" n'était qu'un gros chien des neiges, egaré sans doute. J'espère qu'il a pu retrouver son foyer.

    Pour ma part, j'ai eu la peur de ma vie.